30.12.2008
Hold-up!!!
Un hold-up, un forfait deux forfaiteurs (ça existe ce mot ?). L’un d’eux prend un otage, il le menace avec un stylo à bille. Oui, un stylo à bille : il tient son otage avec un bras placé sous la gorge de celui-ci, le stylo pointé sur sa carotide. Mais que peuvent-ils espérer récupérer ici. Pas évident à dire. Ils ont l’air déterminé. L’otage est pris en sandwich, le stylo toujours pointé vers sa gorge. Qui aurait pu croire qu’un objet aussi anodin qu’un bête bic cristal puisse être finalement si menaçant ? Ben faut pas croire non plus, c’est pointu ces machins.
Et autour personne ne bouge, personne ne réagit. Ah ça, les gens sont surtout obéissants quand on leur dit « plus un geste » ou « que personne ne bouge ». Enfin, ce sont surtout les cris qui les sidèrent si vous voulez mon avis. Si les brigands étaient entrés en criant « le père noël est un ornithorynque » ou « Bush est un archéoptéryx » je ne suis pas absolument certaine que quiconque serait resté stoïque. A la rigueur sidéré, les yeux comme des billes, que dis-je, comme des balles de tennis, mais sans bouger quoiqu’il en soit.
Revenons-en à notre otage. C’est quand même dingue, pourquoi est-ce toujours à lui que ça arrive ce genre de conneries ? Enfin, toujours, faudrait pas exagérer, c’est la première fois qu’une chose pareille lui arrive. Mais bon, au point où il en est il a bien le droit de se plaindre un peu non ? C’est vrai quoi, y’a plein de gens, et juste parce qu’il passe à un point X à l’étage Y et à l’instant Z, pouf, il voit sa vie menacée. Et pas par n’importe quoi, par un stylo à bille !.... Il imagine déjà l’inscription sur la pierre tombale : « Bic m’a tuer… sans blanco »… Quel humour…
Bon, il n’est pas tranquille, mais de là à dire qu’il a peur faut pas exagérer. Il est plutôt curieux, il regarde l’un des gangsters droit dans les yeux. Il cherche à sonder son âme peut-être ?... Ah non, mince, il est en train de se faire menacer, on attente à sa vie et ce serait ce jour-là qu’il choisirait de faire de la poésie ? Plutôt que de se laisser aller à quelque élan lyrique, il ferait mieux de réagir ! Bon, vite vite, que faire pour se sortir de ce mauvais pas ?
Tiens, et pourquoi se sortir de ce mauvais pas ? Après tout…. AAAAaaah mais oui ! Ca y est ! Il y a un proverbe, une expression ou un dicton de sagesse populaire qui dit qu’on ne savoure jamais assez ce qu’on a tant qu’on ne l’a pas perdu. Eh ben, il s’imaginait pas à ce point tenir à la vie notre otage. Et là, comme il réalise ce qu’il pourrait perdre, il commence à avoir la trouille.
Chut chut chut les hormones trouillatogènes, on se calme, zen…. Un carré est un cercle, un cercle un carré…. Un parallélépipède rectangle est une sphère…. Genre, le yoga enseigné dans ce petit film français des années 90 c’est vraiment de l’arnaque. Bon, ce n’est pas en 5 minutes qu’on devient yogi… Ah, ça aura eu le mérite de le faire sourire, juste intérieurement, faudrait pas que l’autre s’excite avec son stylo à bille… C’est que plus il le regarde plus il lui trouve l’air pointu ce fichu stylo… Ah, et si vous pouviez desserrer votre étreinte ? Non mais parce que ça devient difficile de respirer et un otage mort vous savez….
Ah, le deuxième gangster commence à bouger, il se tourne vers un employé… Il parle très fort. C’est peut-être dans la continuité des cris ? Plus on gueule fort moins les gens bougent (non mais c’est vrai, il n’y a qu’à écouter Nicolas Hulot ou les diverses manifestations anti-trucs ou pro-machin, est-ce que ça fait bouger quelqu’un ?). Ah, il veut un caillou, bon, pas n’importe quoi, un rubis. C’est vrai que c’est joli un rubis, c’est rouge, ça brille, c’est bling-bling, à la mode finalement. Mais qu’est-ce qu’il veut faire d’un rubis le gars ? Ah mince, de toute façon l’employé semble ne pas avoir accès au coffre… Dommage… Hein QUOI COMMENT ? Il n’a pas accès au coffre ??? Et il ne leur propose même pas une compensation, un alternative ou que sais-je !!? Non mais on voit bien que ce n’est pas lui qui est menacé par un stylo à bille… bleu ou noir au fait ? Non mais parce que là on ne voit pas le plastique au bout, et ce n’est pas facile à distinguer en regardant juste l’encre….
Ah !!! Le brigand rouspète après l’employé. Comme quoi, ce sont toujours les vendeurs, guichetiers ou autres personnes directement en contact avec le public qui s’en prennent plein la tête… N’empêche notre otage n’est pas spécialement disposé à prendre l’employé en pitié. Il tremble de tout son corps d’ailleurs celui-là, il serait bien incapable de proposer quoi que ce soit au vociférant voleur !
D’ailleurs, le voleur en question ne fait plus attention à lui, l’otage a le bras de son complice sous le nez. Le complice a desserré un peu l’étreinte pour suivre l’acerbe échange d’un œil bovin… Bon, au point où on en est… *GNAP* L’otage mord violemment dans le bras de son preneur qui pour la peine lâche ce fichu stylo.
L’otage retient à pleines mains et à pleines dents le bras du voleur et jette un regard sur l’assistance… Ah mais il n’y a pas que quand on braille que le troupeau s’immobilise, quand on bouge aussi… C’est vrai que quelqu’un, un passant, un client ou autre qui se rebiffe contre des preneurs d’otages ça rentre pas dans les schèmes, ce n’est pas normal, ça sidère : on garde les yeux comme des boules de pétanque, la mâchoire décrochée pour compléter ce charmant tableau. Bon, si on se rappelle les cours de maths, de physiques ou autre, moins fois moins devrait faire plus : « NON MAIS ILS SONT DESARMES ! VOUS ALLEZ PEUT-ÊTRE VOUS BOUGER LE FION !!! ».
Hem, pas très délicat. Mais si on a renoncé à la poésie, ce n’est certainement pas pour faire de la dentelle. Ah, le théorème se vérifie, et aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est le petit employé tout tremblotant qui se jette sur le vociférant pendant que notre otage s’acharne sur le bovin.
Et ainsi se vérifie un autre théorème, celui de la réaction en chaîne : tout le monde veux participer, balancer une torgnole aux gangsters qui pour la peine restent à leur tour sidérés.
Le lendemain, notre ex-otage jette un œil dans le journal « Hold-up sans gravité à la bijouterie X, le courage et la présence d’esprits des personnes présentes ont pu permettre l’arrestation de deux malfrats ». Deux lignes (fausses) pour l’événement qu’il prendra toujours des heures à raconter… Il y a quand même de quoi être dégoûté…. Ah, un stylo à bille, poubelle !….
22:24 Publié dans Théories fumeuses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.06.2008
ortograf
Bon, là, la théorie fumeuse n'est point de moi..... Vous avez dû remarquer, comme moi, à quelle point la qualité de l'orthographe de nos têtes blondes (et de plein d'autres) se détériore. Bon, du point de vue de l'orthophoniste en herbe que je suis, plein d'"excuses" pourront justifier ce dont je vais vous faire part:
- Déjà les dyslexiques et dysorthographiques (l'un va souvent avec l'autre), rien à faire, leur difficulté pour apprendre la lecture et l'orthographe relève d'un trouble probablement organique (la recherche se pose la question), le résultat minimum sera surtout de leur permettre d'écrire d'une telle manière que le correcteur orthographique d'un ordinateur puisse limiter les dégâts, et qu'ils puissent remplir des documents administratifs (les dames ont pas le droit de le faire -_- )
- Ensuite, grâce en soit rendu à cette fameuse lecture globale (ironie quand tu nous tiens), qui préfère apprendre aux enfants à reconnaître les mots, puis après seulement à les construire.... logique non? La plupart des dyslexiques deviennent alors des faux dyslexiques. Forcément, arrivé au collège, puis au bac, ça se fait entre les gouttes ( "non, il devient trop âgé, et ses parents soulent, on le laisse passer plutôt que d'attaquer le problème de fond" ) , et les jeunes ayant le moins de facilités arrivés aux études supérieures se cassent le nez et n'ont plus qu'à faire autre chose. Attention!!! je n'attaque pas les profs qui sont les premiers à se désoler et à devoir obéir à des costards cravates qui ne mettent jamais les pieds dans une salle de classe!
Enfin, tout ça pour dire que je suis tombée sur ce site : http://ortograf.net/
J'avoue, j'ai été vraiment désolée. Désolée pour ces gens qui ont créé ce site, d'en avoir tellement marre de pas être compris à l'écrit, d'avoir très certainement été houspillés à plusieurs reprises, que leur propre désarroi n'ait pas été compris puisqu'ils ont été les premiers à subir leur orthographe (et pas leur ortograf attention) déficiente. C'est vrai que c'est dommage, j'ai déjà entendu des profs (ben oui, l'orthographe c'est à l'école) dire qu'ils ne corrigeaient pas les copies avec trois fautes ou autres... Et le fond??? Ce sont des profs qui sacrifiaient le fond sur l'autel de la forme!!! Honnêtement, je suis la première a protéger la langue française, écrite ou orale, mais il faut bien différencier: on reproche aux gamins de trop s'attacher aux apparences, n'est-ce pas une forme de superficialité de ne s'attacher qu'à l'orthographe pour corriger une rédaction, une dissert d'histoire, ou... un devoir de math (oui oui, j'en ai fait l'expérience).
Bon, malgré tout, si je pense saisir entr'apercevoir la graine qui a donné ce site, je n'arrive pas à l'approuver. Pourquoi? Et bien tout simplement car oui, la langue française appartient à tous, tous ceux qui savent parler français, qui aiment cette langue et qui l'apprécie.
Néanmoins, pourquoi une telle orthographe, avec ses tours et ses détours? Tout simplement à cause de son histoire. Elle est issue du grec, du latin, la langue (orale et écrite) est vivante, elle évolue, s'adapte. Mais si elle s'adapte à notre époque, il faut jouer donnant donnant: c'est à nous de nous adapter à l'écrit et à tous les pièges qu'il s'amuse à nous tendre.
Ces lettres qui semblent ne servir à rien ne sont pas là pour faire juste joli. Prenons "orthographe" par exemple, "ortho" vient du grec qui signifie "droit, correct" , "graphie" est un suffixe rappelant l'écriture, ou le dessin.... à l'écrit, chaque lettre a son propre sens. Dénaturer notre langue écrite c'est la rendre justement moins évocatrice, moins parlante, et quant à la disparition de la grammaire ce serait la porte ouverte à toutes les fenêtres: "mais.... mais à qui correspond ce "il" sans s, à "tou ce la" ou "o personaj principal"....
Enfin, ceci constitue mon opinion personnelle, je suis et resterai à la fois contre l'ortograf mais pour la mise en valeur du fond au détriment de la forme, et pour ne pas oublier que si un gamin oublie un "s" ou a des difficultés, ça ne veut pas forcément dire que son texte et son style n'ont pas de panache!
.... Bon, j'ai failli m'étouffer en allant sur ce site quand même hein... on ne lache pas des années de lutte contre le "langage sms" comme ça...
Signé: La nana qui écrit toujours ses textos en toutes lettres et fusille ainsi son forfait en 2 jours....
20:22 Publié dans Théories fumeuses | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
27.02.2008
Harmonie et artistes doux dingues
L'art.... des fois je me dis que l'art c'est juste individuel, si on se place du côté de l'artiste j'entends (à quelques exceptions près bien sûr).... mais une multitide de gens vont admirer l'oeuvre.... Art collectif?
Et là, cette vidéo.... Elle témoigne franchement de la possibilité qu'ont les gens de se tourner vers un but unique, de faire quelque chose ensemble et d'y prendre plaisir!!!
Ces moments sont selon moi, de plus en plus rares, ou plutôt de plus en plus fugitifs... Savez-vous saisir ces moments où, par exemple, l'air matinal semble plus frais et transparent que d'habitude? Ces moments où une ambiance particulière se dégage des rues de votre ville? Une ambiance.... fraiche et légère.... Que chacun semble goûter dans son coin sans réaliser que finalement tous apprécient ce moment....
Ou même tout simplement ce choeur, qui chantera pour toucher son auditoire, ce même auditoire qui sera tendu vers le choeur, chaque individu attentif à la moindre note de musique....
Où alors, ces instants où chacun s'intéresse au même instant, à la même chose... Comme au cinéma.... Il m'arrive de complètement décrocher du film pour savourer la plénitude de cette ambiance si particulière qui sied à une salle de cinéma.... Chacun est pendu aux lèvres des protagonistes du film, attendant la suite, le rebondissement phare.... Suspens ou tendresse, tristesse ou joie, horreur ou même impression de s'être fait avoir par une critique trop élogieuse d'un navet...
Au fond dans ces moments, les émotions de la foule semblent se mêler pour en former une seule qui s'harmonisera avec chacun.
00:15 Publié dans Théories fumeuses | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note